Val de Durance
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Retour d’Auschwtiz par François

dimanche 8 mars 2009, par Rocci François

Auschwitz

Nous sommes le 3 février, on est super fatigué, on s’réveille a 3h15 et j’entends Victor grogner (la veille j’ai beaucoup discuté avec lui de notre future journée, il m’a aidé à appréhender ce que nous allions vivre). On se prépare lentement et difficilement, on ressent déjà le sommeil qui retombe. Alyssa m’envoie un sms et vient me chercher dans les 5 minutes qui suivent. Dans la voiture, Marion, Alyssa Elisa et moi parlons de tout et de rien. On passe le temps jusqu’à l’arrivée à l’aéroport : nous sommes les premiers arrivés. On compte goutte on voit arriver les autres 1ere eco1, là on rit tous sur les uns et les autres et on pense aux pauvres autres classes non équipées pour le froid…

L’avion décolle, nous sommes tous excités par le voyage, le questionnaire du Mémorial de la Shoah m’a semblé un peu banal par rapport a la journée qui a suivi. On plaisante, on a tous le sourire. Le voyage se passe bien et semble plutôt rapide. On arrive en Pologne, aéroport de Cracovie : la Pologne me semble un pays en pleine expansion, tout a l’air neuf. Une heure de bus pour aller au camp a Auschwitz.

On arrive enfin au camp, l’atmosphère est calme, il fait très froid dehors. On aperçoit un wagon dans lequel des personnes étaient déportés. A ce moment tout devient silence, on entend plus que la guide parler : je reste concentré sur ses paroles tout en observant attentivement le wagon qui me semble rempli de vécu.
L’entrée du camp : gigantesque. On monte dans la tour de garde, là, on ne rit plus. L’immensité du camp me fait des frissons, j’ai pris beaucoup de photos car je n’y croyais pas, comment avait on pu construire sur une aussi grande superficie des bâtiments servant à détruire un peuple. On visite le camp des femmes (les pseudos « dortoirs, salles d’eau et latrines ») et on découvre les réelles conditions de vie des déportés, je me sentais mal à l’aise dans ces lieux ayant accueilli la mort pendant un temps.

La visite du premier camp finie, on rentre au bus, où de bon pique nique nous attendent, on troc, on partage et dévore la nourriture que chacun possède.

La visite du deuxième camp commence, on découvre les célèbres inscriptions à l’entrée : « le travail rend libre », quelle ironie… je voulais voir cette entrée de mes propre yeux. On avance petit à petit dans le camp, là on rentre dans un bâtiment : il fait en quelque sorte office de musée. On découvre un peu l’histoire de la deuxième guerre mondiale, et on découvre aussi les objets des déportés.
Une pièce, une odeur, 2 tonnes de cheveux. D’autres pièces : des centaines de valises, des milliers de chaussures, des centaines de paires de lunettes et casseroles, des vêtements de bébé… des gens finissent en larmes, je me retiens et cache mes émotions.
Des regards vides. Je ne prend plus de photo à partir de ce moment.
Nous sortons du bâtiment, on nous emmène dans une petite placette et on nous explique que c’est là qu’étaient fusillés et attachés jusqu’à la mort les prisonniers.
D’autre gens s’effondrent. Je fais mine d’aller très bien.
On rentre dans un autre bâtiment, je suis Loubna qui fonce, cela me permet de passer vite devant les prisons faites pour la mort : asphyxie, mort de faim, mort de fatigue…
Nous sortons, les visages sont pales, il fait déjà nuit.
On se calme un peu en visitant un bâtiment dédié aux déportés Français à Auschwitz. On sort, on parle entre nous, on échange des impressions.
Il fait froid et la nuit est totale, il y a quelques lumières dans le camp pour nous éclairer.
On arrive devant un bâtiment, et on nous dit « voilà la chambre à gaz et le four crématoire, nous allons y rentrer ». J’ai peur.
On pénètre dans la chambre à gaz, je pose ma main contre ma bouche, regarde Elisa, des larmes ne cessent de couler lorsque je vis les griffures sur les murs. Je baisse la tête et suis le groupe : le four crématoire. Franck s’approche de moi et met sa main dans mon dos, je sors, ne pouvant plus rester dans cet endroit
Là, plus de sourire de personnes, visages effarés voire effrayés…

Nos visites s’achèvent, on monte dans le bus tout en échangeant nos impressions sur le deuxième camp et sur l’ensemble de la journée. Je prends des photos histoire de détendre l’atmosphère et surtout pour que je pense à autre chose que ce que je viens de voir. Nous arrivons enfin à l’aéroport après un long contrôle de police sur le bus. Nous retrouvons toutes les autres classes qui étaient avec nous dans l’avion le matin. 2 heures d’attente dans l’aéroport.
Le retour s’est passé dans le calme dans l’avion, tout le monde fatigué et content de rentrer chez soi après cette journée remplie d’émotions.

 
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