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Retour d’Auschwitz par Philippe, 1°ECO 1

jeudi 19 février 2009, par Berlengue Philippe

Aujourd’hui, mardi 3 février 2008, nous nous sommes rendus en Pologne pour visiter les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz.

Tout d’abord nous avons atterri le matin à l’aéroport de Cracovie, nous avons pris le bus jusqu’au camp d’extermination d’Auschwitz II - Birkenau. 
Arrivés là-bas, nous avons vu la Judenrampe à l’extérieur du camp : ce sont deux wagons nazis sur une voie ferrée, tous deux d’époque. Les juifs arrivaient en convoi et étaient déchargés ici jusqu’en 1944, date à laquelle fut construite une autre voie ferrée qui arrivait directement dans le camp. 
Ce fut assez impressionnant de se dire que des millions de juifs descendirent à cet endroit précis, pour ensuite être exterminés ou astreints au travail forcé pour « les plus chanceux ».

Ensuite nous avons marché pendant environ 1 km, le trajet que les déportés faisaient jusqu’en 1944, et là nous sommes arrivés devant la porte du camp de Birkenau. À cet endroit, je me suis dit : « ça y est, je suis arrivé devant le plus grand cimetière du monde, et j’ai l’opportunité de le visiter à ce moment de ma vie. » Je fus à la fois heureux de pouvoir visiter ce camp, mais d’un autre côté, je fus ému de savoir que cela fut construit par la main de l’Homme dans le but de détruire une partie bien déterminée de la population. Nous sommes alors rentrés à l’intérieur du mirador de l’entrée principale qui surplombe le camp. Là haut je m’imaginais les SS qui tiraient sur les juifs qui tentaient de s’enfuir ou autre. D’ici nous avions une vue panoramique sur tout le camp qui est immense et impressionnant.

Puis nous sommes allés jusqu’à l’endroit de la sélection par les médecins SS, comme notamment le tristement célèbre docteur Mengele. À gauche de cet endroit se trouvaient les baraques en brique du camp de travail. Nous sommes rentrés dans une, où là nous vîmes les conditions de vie et d’hygiène des déportés. Ils dormaient sur des "lits" superposés, souvent sans matelas, parfois par terre. La guide nous raconta qu’ils pouvaient être jusqu’à 5 ou 6 par couchette. Après cela nous avons rejoint la salle où se trouvent les "toilettes", dans lesquels le déporté ne peut pas avoir d’intimité, il perd encore plus sa dignité humaine. Sur les murs de cette pièce était écrit : « verhalte dich ruhig », ce qui en allemand signifie : « tiens toi tranquille ». Nous sommes sortis de ce bâtiment que j’ai trouvé assez malsain, pour rejoindre la "salle de bain" où se trouvaient plusieurs lavabos, mais pas de douches.

Après cela nous avons marché jusqu’à l’ancienne chambre à gaz, crématorium qui fut détruite par les SS avant l’arrivée des alliés pour ne laisser aucune preuve de leurs crimes. Sur ce site, je m’imaginais les juifs rentrer par milliers dans cette pièce souterraine dans laquelle on leur faisait croire jusqu’au bout qu’ils allaient prendre une douche. En marchant nous sommes alors passés devant les stations d’épuration et devant les fausses communes, où je m’imaginais voir les cadavres de ces pauvres gens. Ensuite nous nous sommes rendus à un endroit assez riche en émotions et en souvenirs. En effet, s’y trouvaient trois photographies clandestines prises par un déporté du Sonderkommando, montrant des déportés brûlant les dépouilles de leurs confrères et leurs consoeurs. À cet endroit y étaient disposées des plaques leur rendant hommage, car les corps étaient brûlés ici. Là je me suis dit : « mon Dieu et dire qu’à cet endroit précis, des corps ont brûlé ».

Par la suite nous sommes entrés dans une baraque qui se trouvait tout au fond du camp. À l’intérieur s’y trouvaient plusieurs murs avec des photographies de déportés, des salles de désinfection des vêtements et des juifs. Les déportés qui pénétraient dans ce baraquement étaient « chanceux "car ils étaient astreints au travail forcé, et non directement envoyés à la chambre à gaz.

Nous sommes ensuite sortis de ce bâtiment pour rejoindre un lieu de commémoration qui se trouve non loin des ruines de la chambre à gaz et crématorium. Là, nous avons fait une minute de silence en hommage à tous les déportés assassinés dans ce camp d’extermination. Après cette minute de silence, Amélie et moi avons lu un texte, toujours en hommage aux morts d’Auschwitz, mais aussi à Oliette, dont la famille avait été déportée et dont la mère revint de Drancy ; elle était venue au lycée pour nous raconter son histoire très émouvante. J’ai trouvé que la lecture de ce texte fut un moment fort que j’ai aimé partager avec mon amie Amélie.

L’après-midi nous sommes allés visiter cette fois le camp de concentration et le musée d’Auschwitz I, toujours avec la même guide que le matin. Tout d’abord, nous nous sommes arrêtés devant le portail d’entrée, sur lequel est écrit « Arbeit Macht Frei », ce qui en allemand signifie « le travail rend libre ». À cet endroit précis, je fus comme pour l’entrée de Birkenau, impressionné. Je me suis dit que cet endroit dont on parle tant dans les livres, dans les journaux, au cinéma, etc, et bien je me trouvais juste devant. C’est à ce moment là que j’ai réalisé la chance que j’avais de pouvoir visiter des lieux de mémoire aussi importants que celui-ci. Nous sommes ensuite rentrés dans le camp où la guide nous a montré les « block ». Je n’arrivais pas à m’imaginer que des juifs avaient pu être enfermés ici, cela ressemble tellement à un banal quartier résidentiel, un lotissement de maisons en briques. Ensuite nous sommes entrés dans l’un de ces « blocks », dans lequel s’y trouvaient un tas de zyklon B, le gaz qui servait à exterminer les juifs dans les chambres à gaz, des objets ayant appartenu aux juifs. On pouvai y voir toutes sortes de choses, comme des tas de chaussures, d’ustensiles de cuisine, de vêtement, des peignes, des brosses à dent, et le pire de tout qui fut le tas de cheveux. En effet, lorsque nous avons pénétré dans cette salle, une odeur m’a tout à coup saisi la gorge, je ne saurais pas la décrire tellement elle m’était inconnue. Je pense que ce sont les 2 tonnes de cheveux, entassés derrière une vitre qui dégageaient cette odeur insupportable. Puis, toujours dans la même pièce, était présentée une espèce de couverture fabriquée à partir de cheveux de déportés que les SS récupéraient aussi bien sur les vivants que sur les cadavres. La guide nous expliqua alors que comme les SS ne voulaient rien perdre, ils envoyaient ces cheveux par sacs en Allemagne pour ensuite en fabriquer des doublures de vestes ou autres.

Puis nous avons marché jusque dans une cours où les SS fusillaient les juifs, et où s’y trouve maintenant un monument commémoratif. Juste à côté de cette cour se trouvait un autre « block » dans lequel nous sommes entrés, et où se trouvaient des cellules pour enfermer les prisonniers. Il y en avait une pour l’asphyxie, et d’autres dont je ne me souviens plus bien les fonctions. La pièce la plus horrible fut pour moi les cellules qui mesuraient 90 cm de longueur sur 90 cm de largeur, et qui étaient conçues pour entasser 4 ou 5 juifs qui étaient punis. Il y mourraient majoritairement, du fait qu’ils ne pouvaient pas bouger.

Sortis de cet endroit nous nous sommes arrêtés dans un bâtiment consacré aux juifs français morts à Auschwitz. À l’intérieur se trouvait une exposition sur 5 juifs déportés, qui retraçait leur vie, de leur arrestation jusqu’à leur déportation, et pour certains jusqu’à leur extermination. Nous avons ensuite rejoint l’extérieur afin de nous diriger vers les chambres à gaz et les fours crématoires. À ce moment précis, à l’extérieur, Clément et moi nous imaginions les SS en train de pousser d’énormes cris, suivis de leurs chiens qui aboient sans cesse, et de coups de feu destinés aux juifs qui courent dans le camp. Ce fut assez émouvant de se remettre dans le contexte. Enfin, la guide nous a montré la potence où, après la guerre et après les procès des nazis, un haut dignitaire SS qui travaillait dans ce camp et dont la résidence se trouvait juste à côté, fut pendu.

Pour finir nous avons visité la chambre à gaz et les fours crématoires. En effet, nous sommes entrés dans le dernier bâtiment de notre visite qui pour moi fut à la fois le plus intéressant et le plus éprouvant. Tout d’abord, nous avons vu la chambre à gaz, avec les trous au plafond, par lesquels les SS jetaient les granulés de zyklon B. J’ai trouvais que la chambre à gaz en elle même n’était pas si choquante que cela, car je savais exactement ce que j’allais voir, mais pour moi le plus horrible ce fut les traces d’ongles sur les murs. Je m’imaginais ces pauvres gens en train de hurler et de souffrir à en griffer les murs de façon brutale et forcée. Puis juste à côté se trouvaient les fours crématoires, là où d’innombrables corps ont brûlé après avoir été gazés.

Je pense que cette journée m’a permis de voir vraiment ce qu’était l’horreur des camps, et ce que l’être humain peut mettre en oeuvre afin de détruire une population, qui à priori n’est coupable de rien, mais juste pour ce qu’elle est. Je pense que ce voyage d’étude m’a beaucoup appris sur le sujet, et je ne regrette pas d’y avoir participé. 
Cependant, deux questions qui pour moi sont essentielles me torturent l’esprit encore à ce jour : Je me demande tout d’abord si Adolf Hitler, dans son livre Mein Kampf explique pourquoi il choisit d’exterminer les juifs, et ce qu’il leur reproche, et ensuite, en sachant que l’idéologie, différente selon plusieurs critères, et à priori créée par l’Homme, peut prendre le dessus sur son créateur, le poussant à commettre l’irréparable, ce qu’il n’était peut-être pas capable de faire à l’origine.

Portfolio

  • La Judenrampe
  • Baraques en brique : le camp des femmes à Birkenau
  • L'intérieur d'un baraquement de femmes
 
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