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CRITIQUES DU ROMAN FEVER

jeudi 29 janvier 2009

Fever met en scène la cruauté et la méchanceté gratuite. La curiosité de tuer qu’ont les deux personnages, Damien et Pierre relève, pour moi, de la fiction. Or, avec les rapprochements avec la seconde guerre mondiale, on s’aperçoit que cela a toujours existé sous différentes formes.
Ce livre est un rappel de ce qui s’est passé il y a 60 ans ; le début du livre ne m’a pas laissé imaginer que la seconde guerre mondiale serait évoquée, mais elle est très bien intégrée dans une histoire de notre époque, ce qui ravive la mémoire des lecteurs.
Alexia Gallouët

Fever est un livre racontant un crime fait au hasard par deux adolescents mais l’auteur ne fait pas porter le suspense sur "qui a tué ?" mais sur comment ces meurtriers vont réagir après avoir commis celui-ci. C’est un livre sur la folie - Comment peut-on tuer comme cela ? Par plaisir ? - mais aussi sur les sentiments ressentis après, en effet les adolescents tombent dans cette folie. Puis à un moment ces jeunes vont découvrir qu’ils n’ont pas fait ce crime au hasard, ils n’ont fait que répéter la violence subie ou créée par leurs grands-pères, ce qui les déstabilise et les fait réfléchir.
L’auteur réussit plusieurs tours de force : inventer des personnages qui paraissent réel, Leslie Kaplan les décrit de A à Z et faire des liens entre toutes les données, notamment psychologiques et historiques.
Dans ce livre, la personnalité des personnages est dévoilée pratiquement dans sa totalité, ce qui permet au lecteur de mieux visualiser la psychologie et la façon de penser de Pierre et Damien.
Les passages sur Papon et Eichmann sont aussi, à mes yeux, très utiles. En effet, ceux-ci étant bien développés, cela permet de comprendre de nombreuses choses en toute simplicité. Leslie Kaplan donne de nombreuses informations importantes sur les caractères de ces deux hommes qui ne sont que très rarement abordés.
Amélie Dimech

Fever est un livre contradictoire. D’un côté on a le crime commis par deux ados et de l’autre le crime des nazis et des collabos, la Shoah. Le crime commis par les deux ados n’est pas fait pour nous émouvoir mais c’est l’Histoire qu’ils découvrent, et qui de plus les obsèdent presque autant que leur crime, qui nous émeu et non le malheur de la victime. Ce qui est assez contradictoire car leur crime est comparable à celui des nazis (pas à la même échelle bien sûr puisque ce dernier est totalement arbitraire, reste impuni et la compassion du lecteur pour la jeune femme assassinée est peu créée... C’est en quelque sorte un sentiment d’injustice que ce livre soulève.
Candice Baudet

Le roman Fever de Leslie Kaplan raconte l’histoire de deux adolescents en classe de terminale qui commettent un meurtre préparé longuement à l’avance. Une femme choisie sans raison sera leur victime ; ce qui fait donc de ce crime, un crime parfait puisque dû au hasard. L’histoire commence alors que le crime vient d’être commis, ce qui permet de suivre l’évolution des sentiments de Pierre et Damien "en temps réel". Les deux personnages vont par la suite beaucoup étudier la période nazie et découvrir des événements qui ont eu lieu dans leurs familles, principalement avec leurs grands-pères respectifs. La suite de l’histoire est marquée par la rencontre entre Pierre et Damien avec Yves Lambert, un jeune sinistré, caricature du rebelle dont le père est au chômage, renvoyé de son lycée pour avoir suspendu son professeur de Français par la fenêtre. Le crime commis sans raison apparente se révèle être une vengeance ou revanche sociale des deux adolescents marqués par des situations familiales peu heureuses. En effet, Pierre et Damien choisissent d’assassiner une femme, ce qui montre qu’ils ont un problème relationnel avec elles (leurs familles sont largement dominées par les femmes), ceci est peut être également dû à la frustration connue par les deux adolescents concernant leur professeur de Philosophie mêlant désir et violence. Les deux héros ont également des tendances à la paranoïa et à la folie ce qui montre leurs consciences perturbées.
Fever de Leslie KAPLAN aborde des thèmes intéressants comme les relations familiales, l’aspect psychologique de personnes ayant commis un meurtre ou encore le nazisme à travers deux adolescents de notre âge ce qui rend l’action vivante et plus proche de nous.
Dans ce livre j’ai particulièrement aimé les éléments concernant l’époque nazie mais également connaître les sentiments de Pierre et Damien à la suite du crime qu’ils ont commis ; cela permet de se mettre à la place de l’assassin et de comparer nos réactions avec les leurs.
D’une manière globale, ce livre est bien écrit, pas trop long et assez intéressant grâce aux thèmes qui le composent. La réflexion psychologique présente dans ce roman est très intéressante et peu commune dans une histoire où les personnages principaux sont des adolescents.
Clément Brest

Le roman Fever rapporte l’histoire de deux familles que les évènements entrelacent. La famille Durand qui est composé de Damien, le fils, meneur, provocateur et qui aime avoir raison, Rosine la mère, une femme séductrice et belle, le père Marcel plutôt discret et enfin René le grand père. On nous laisse penser que René Durand était un collaborateur durant l’occupation. À l’inverse dans l’autre famille, les deux grands parents ont été déportés et le petit-fils Pierre plutôt sensible est le meilleur ami de Damien. Les deux adolescents sont alors rapprochés par ce passé douloureux, ils sont obsédés par ce qui a pu arriver à leurs grands-parents. C’est alors le phénomène de répercutions de l’histoire sur la vie de jeunes de notre génération qui est mis en avant dans Fever. Les deux garçons se questionnent sur la seconde guerre mondiale, leur questionnement nous paraît alors plus proche du nôtre que celui des générations précédentes. Leur vision des choses est la même que la nôtre, on se pose les mêmes questions, on peut même s’identifier à eux. Ce livre nous concerne en tant qu’adolescent car il y aborde des thèmes actuels tout en traitant de la guerre. J’ai aimé le style simple de ce livre. Des phrases simples, avec une ponctuation presque exagéré. Il y a néanmoins entre nous et les personnages une certaines distance, on n’est pas vraiment concerné par leur meurtre car on se sent loin d’eux. On sait tout d’eux : leurs désirs, leurs rêves, leurs pensées pourtant on a l’impression de ne pas les connaître véritablement ; à l’image des soldats nazis de la seconde guerre mondiale. Certes on se sent proche et on s’identifie mais on ne comprend pas leur geste... J’ai aimé le fait que certains passages du cours de philosophie soient rapportés, ces réflexions perturbent encore plus les deux personnages, tout comme leurs rêves.
Elisa Lopez

Le livre de Leslie Kaplan est un récit qui raconte les raisons d’un crime effectués par deux adolescents. Ces deux lycéens rejettent l’idée d’avoir commis un crime ; l’acte ayant été commis au hasard. Or, on apprendra que Damien et Pierre ont été rattrapés par leurs antécédents familiaux : leurs grands-pères ayant ou collaboré ou été victime du pouvoir nazi. Le crime commis par les deux lycéens est donc mis en relation avec le crime nazi (on observe des allusions avec des collaborateurs français tels que Papon).
J’ai trouvé ce livre particulièrement intéressant car il montre l’ampleur que peut avoir le passé sur le présent. Il montre que la cicatrice créée par les crimes nazis et par les collaborateurs ne s’est pas refermée, le crime ayant été répété (le grand père suivait les ordres, Damien suit le hasard). Ce livre met en avant la nécessité du devoir de mémoire, les hommes d’aujourd’hui doivent donc apporter une certaine réflexion sur le passé pour ne pas reproduire inconsciemment l’acte.
Franck Reusa

J’ai apprécié ce livre pour son histoire et son sujet : la seconde guerre mondiale. En effet, ce thème reste toujours d’actualité ; le passé se reflète de nos jours dans nos actions : ces faits nous rappellent donc les erreurs commises dans le passé afin de ne pas les reproduire dans l’avenir.
François Rocci

Fever est le récit de deux adolescents qui ont commis un crime. Cependant, ce récit n’est pas une histoire. Il n’y a pas de situation initiale ou d’actions qui font avancer l’intrigue. Le seul but de ce livre est de dévoiler les ressorts invisibles qui poussent à tuer. La question est : « Pourquoi avoir tué ? » et la réponse n’est visible qu’en explorant le passé des meurtriers, en remontant jusqu’à la naissance même de l’idée du crime. Les deux criminels sont des lycéens ordinaires, issus de bonnes familles et leur victime est une femme qu’ils ne connaissent pas. L’auteur a ainsi voulu montrer que le passage à l’acte criminel n’atteint pas seulement les marginaux de la société ou les personnes qui cèdent facilement à leurs émotions. De plus ces deux étudiants sont très intelligents, intéressés par tout, ils se posent beaucoup de questions ; c’est peut être cela qui a amené le crime ; la volonté de commettre un acte irréparable, de transformer leur vie que l’on sent monotone. L’idée est venue d’une réflexion sur le hasard en cours de philosophie ; "Madame Martin avait parlé du hasard, elle citait Freud, d’après lui ne pas croire au hasard revenait à soutenir une conception religieuse, superstitieuse du monde, à maintenir l’idée d’une finalité, d’un ordre dernier de l’univers. Tout d’un coup Damien avait dit : Moi je vais plus loin. Non seulement je crois au hasard, mais je le fais travailler pour moi." L’intelligence peut donc jouer dans le crime. Mais l’idée de tuer n’est pas apparue par hasard. L’auteur se sert de ce crime gratuit pour remonter le cours des générations des familles des coupables ; Damien est le petit-fils d’un fonctionnaire français et Pierre celui d’un juif déporté. Fever est donc directement relié à la seconde guerre mondiale. Un grand père est victime de l’autre, Damien découvre choqué que son grand père fonctionnaire est un meurtrier car il a contribué aux déportations des Juifs en organisant les transports. L’idée du meurtre de Damien n’est donc peut-être pas apparue par hasard mais elle serait l’héritage d’une génération.
Imène Mousba

Fever est un livre que j’ai beaucoup aimé car il ne raconte pas seulement une histoire mais il montre surtout ce qui se passe après un crime .Il insiste sur ce que cela provoque sur les héros.
De plus ce qu’il y a d’intéressant c’est le travail sur la Seconde Guerre Mondiale, la recherche sur les "assassins" nazis comme Adolf Eichmann qui ont fait tuer des milliers de personnes sans trop savoir pourquoi. Cette recherche prend une ampleur énorme dans la vie des deux adolescents, et les amène à ouvrir les yeux sur leur acte. Cette aveuglante vérité les conduira aux portes de la folie...
Marjorie Bouquin

Cette œuvre de Leslie KAPLAN m’a intéressé car l’histoire démarre lorsque les deux héros Pierre et Damien viennent de commettre un meurtre qu’ils avaient préalablement préparé. J’adore les histoires de meurtre et de tuerie, de mystère et en même temps de psychologie comme celui-ci. Psychologie ? Oui ! Le livre raconte ensuite la vie quotidienne des deux amis après le meurtre, et on peut voir qu’ils sont plus ou moins tourmentés, bouleversés. Ensuite tout le long de l’histoire les deux lycéens essaient de comprendre ce qui les a poussés à préméditer et à commettre ce meurtre sur une femme qu’à priori ils ne connaissent ni d’Adam ni d’Ève et qu’ils choisissent au hasard. Cet aspect là du roman me plaît particulièrement car le lecteur essaie de regrouper tout ce qu’il sait des deux personnages et lui aussi cherche à trouver la cause de leur acte.
Je pense que cette œuvre littéraire moderne qui montre ce qui pousse des jeunes lycéens à priori bons élèves à commettre un meurtre engendre une réflexion philosophique et psychologique sur la raison du meurtre et le lien que cela peut avoir avec les crimes contre l’humanité commis par les nazis, les collabos ; notamment contre les Juifs. Ce livre permet de porter une réflexion sur des crimes de guerre, sur ce qui pousse des gens qui semble être normaux, gentils à faire des choses affreuses et inimaginables. Je ne regrette en aucun cas d’avoir fait cette lecture.
Philippe Berlengue

Leslie Kaplan est une personne qui ne veut pas juger les autres et se bat contre les clichés. Elle pense que le rôle de l’écrivain est d’étonner et non d’influencer. Elle pense que la littérature a pour but de sensibiliser (sensibilité du langage) et a une visée théorique (sens des mots). De plus l’art à un rôle libérateur. Ainsi, pour le thème de la seconde guerre mondiale et la shoah, le livre n’est pas dénonciateur mais réaliste et permet à chacun de se fonder une véritable opinion.
Quelques indices pour aider à la lecture :
• Le titre Fever fait référence à la fièvre des conflits, la fièvre d’amour et la fièvre provenant d’une maladie.
• Le prénom de Zoé n’a pas été choisi par hasard car celui-ci signifie vie et liberté.
• La chanteuse Alice Snow n’existe pas mais est un symbole de vie, avec la neige représentant la pureté et le vide. Son prénom est aussi une allusion à Alice au pays des merveilles : le pays imaginaire et loin de la réalité.
• La chanson « Fever » qui est souvent évoquée est une référence à la véritable chanson de 1920, écrite par Willy John et chantée par Peggy Lee.
Seirina Ponzo

Cette œuvre de Leslie Kaplan permet de faire une réflexion approfondie sur ce qui pousse deux lycéens à commettre un crime. En effet en lisant ce roman j’ai essayé de me mettre dans la peau de ces deux jeunes individus et il est vrai qu’on ne sait pas vraiment ce que l’on est capable de faire même si nous ne sommes pas dans les mêmes circonstances que ces derniers.
En ce qui concerne le passage traitant de la seconde guerre mondiale, je suis toujours autant scandalisée et outrée lorsque je lis les récits de ce qui s’est passé en Europe pendant cette période. Comment peut-on commettre de telles atrocités et dans quel but ? C’est la question que je me pose. À croire que l’homme peut être capable du pire, comme du meilleur. Il est vrai que j’ai lu plusieurs romans relatant ce moment historique comme Au nom de tous les miens de Martin Gray ou le Journal d’Anne Franck ... Mais Fever présente un regard neuf sur la question puisqu’il interroge l’Histoire à partir du regard de deux adolescents n’ayant pas vécu cette sombre période. Nous ne sommes plus au temps des témoins directs. Comment transmettre et faire vivre cet héritage ?
Alyssa Lalli

Fever est un livre enrichissant qui nous fait à la fois réviser l’Histoire notamment l’époque de Maurice Papon et des déportés juifs à travers le récit du grand-père de Damien et, approfondir la psychologie humaine grâce aux protagonistes qui cherchent à comprendre comment on peut arriver à tuer quelqu’un qui à priori ne nous aurait rien fait de mal.
Cette manière d’écrire de façon stricte le quotidien de deux lycéens sollicite la participation active du lecteur et agit sur sa culture et sa sensibilité. Il n’y a pas de suspens sur l’identité de l’auteur du crime car la question n’est pas ici, l’important est ce qui peut mener à un crime de ce genre et quelles sont les conséquences de celui-ci sur les criminels.
Ce livre montre que le hasard n’existe pas et que même dans ce que l’on juge être un hasard, l’inconscient fait qu’il y a toujours un lien.
Ce roman est en quelque sorte un grand sujet philosophique qui ne nous laisse pas de réponse définitive.
Lisa Rixte

Fever raconte l’histoire de deux jeunes élèves brillants, qui ont commis un crime « parfait » à leurs yeux. Ils ont assassiné une femme qu’ils ne connaissaient pas, sans mobile, par pur hasard. De cette façon, ils sont certains de ne jamais être suspectés : « le hasard nous protège ». Ce livre insiste beaucoup sur la notion de culpabilité. En effet, au début les deux jeunes ne se sentent absolument pas coupables, pour eux, pour qu’il y ait crime, il y a forcément mobile or, eux n’en ont pas donc d’après eux ils n’ont pas commis de crime. Mais petit à petit, la culpabilité surgit et commence à les ronger. Ils ressentent un mal être qui les plonge dans une sorte de folie.
Le passage sur la deuxième guerre mondiale m’a touchée, l’auteur a abordé un thème sur lequel j’avais lu peu de documents : j’ai découvert le travail, le « devoir » des collaborateurs, et leur justification : ils n’ont a priori fait que « ce qu’on leur demande », ils ont « suivi les ordres ».
Juliette Lambert

Portfolio

  • Leslie Kaplan au lycée
  • Leslie Kaplan au lycée octobre 2008
 
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