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Les morts de la Seconde Guerre Mondiale du Luberon

jeudi 21 janvier 2016, par CHIADO Thomas

LES MORTS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE DU LUBERON

 

Mme BITTON, ancienne archiviste de Pertuis, a voulu retracer l’histoire des victimes du Sud Luberon pendant la seconde guerre mondiale.  

Jusqu’au 5 décembre 2015, son exposition "des noms pour mémoire" était exposée au CDI du lycée, et retraçait une partie de la vie de ces personnes arrêtées, ainsi que leur mort. Le mardi 1er décembre, Mme BITTON est venue présenter son travail dans notre classe en nous expliquant la vie de ces personnes de notre région mais aussi nous présenter son livre : Des noms pour mémoire. On peut ainsi distinguer différentes catégories de victimes de la seconde guerre mondiale.

 

 1. Des résistants exécutés dans le Sud Luberon

- Schelma MEDVEDOWSKY : Né le 20 février 1891 en Russie, il vint à Paris en 1913 poussé par ses parents à poursuivre ses études en médecine. En 1915, il intègre la légion étrangère, en tant que médecin auxiliaire. En 1920, il reprend ses études et épouse Suzanne Beaumont. Ils ont 4 enfants : Hélène, Simone, Nelly et Jean-Louis.

Il est naturalisé français en 1921, puis reçu Docteur en médecine en 1922, il s’installa à la Tour d’Aigues comme médecin de village. Bien que visé par l’interdiction du droit d’exercer imposé par le régime de Vichy, il poursuit ses visites chez les malades du Pays d’Aigues où il est très apprécié. En 1942, il héberge des juifs d’origine roumaine : la famille Horn. Il se rend souvent au maquis pour soigner les blessés, il aide donc les résistants du Luberon. Son fils Jean-Louis l’accompagne désormais dans ses tournées car les écoles sont fermées. Le 16 juin, le docteur part seul pour la journée. Sa famille apprend qu’il a été arrêté par un barrage de miliciens sur la route de Cucuron. Tout le village se mobilise pour négocier sa libération, sans succès et sans aucune information sur ce qu’il lui est arrivé. Son corps mutilé est retrouvé 6 mois plus tard à Beaumont de Pertuis.

Les circonstances de sa mort furent connues après 1945 par les procès des deux responsables français qui participèrent à son arrestation et son exécution.

Son fils Jean-Louis relate ces faits dans Mémoires d’Automne. Il a donc été assassiné par la milice, une organisation militaire fondée en 1943 qui traque les résistants et les juifs en collaboration avec l’armée allemande.

-Roger Bernard : Ce poète pertuisien a été tué à 23 ans par la Gestapo le 22 juin 1944. Une stèle a été érigée en son honneur sur le lieu de son assassinat, sur une petite route près de Cérèstre au Nord du Luberon. Voulant échapper au STO (service du travail obligatoire), c’est là qu’il s’était engagé dans la Résistance et avait rejoint le maquis de René Char. Ce jeune poète résistant est le fil directeur de notre projet "Les lycéens sur les traces de Roger Bernard"

 

 2. Un résistant mort en camp de concentration

-Raphaël Moya  : Cet espagnol né en 1904 était venu s’installer en France en 1920. Il tenait un magasin de fruits et légumes rue Colbert à Pertuis. Il avait un camion avec lequel il ravitaillait les maquis du Luberon. Il avait été contacté en 1943 par Maurice Cousin, le chef de la Résistance du Luberon, qui avait comme nom de résistance "Bibendum". Probablement dénoncé, il fut arrêté une première fois le 30 mai 1943. Transféré à Orange, sous la garde des autorités italiennes, il fut libére le 25 juillet 1943. Il fut à nouveau pris le 16 septembre 1943 lors de la Grande rafle de Vaucluse au cours de laquelle 1237 personnes sont arrêtées. Quatre d’entre elles furent déportées : Roger Ambard, secrétaire de la mairie de Pertuis, Aquilino Bana, Raphaël Moya et Marius Pomel. Seul Raphaël Moya ne revint pas. Il mourut d’épuisement au camp de travail forcé à Hradischko en Tchécoslovaquie. Raphaël Moya fut décoré, à titre posthume, de la croix de guerre avec étoile de bronze "pour services exceptionnels de guerre rendus au cours des opérations pour la libération de la France, avec mention Mort pour la France"

 

 3. Un résistant de "l’extérieur" : un FFL

-Henri Silvy : il faisait partie des Forces Françaises Libres, organisées dès juin 1940, ce sont les forces armées d’outre-mer de la France Libre. Modestes à leurs débuts, elles atteignent 60 000 combattants en juillet 1943. Henri Silvy est mort le 6 juin 1944 lors de la bataille de Monte Cassino en Italie, qui opposait les FFL et l’armée italienne. C’est la seule victime du Sud Luberon qui a été nommée compagnon de la libération. Ce pertuisien était né en 1920, il avait donc 24 ans lors de sa mort.

 

 4. Des juifs arrêtés dans le Sud Luberon et assassinés à Auschwitz

-Parmi les 47 juifs déportés du Pays d’Aigues, il y avait 10 enfants et adolescents âgés de 3 à 18 ans qui vivaient avec leurs parents à la Tour d’Aigues, à Pertuis et à Villelaure. Ils s’appelaient Abraham et Golda Ajgengold, Bertha, Jacques et Rachel Becher, Edgar et Elle Mendel, Eric Meyer, Isaac Strumer, et Henri Wagmann. Ils étaient originaires d’Allemagne et de Pologne. Avec leurs familles, ils ont fui l’antisémitisme dans le pays des "droits de l’Homme" : la France. C’est là qu’ils ont été arrêtés.

Le 26 août 1942,le jour de la Grande rafle dans toute la zone libre, les gendarmes de la brigade de Cadenet se rendirent chez 4 familles juives de Villelaure avec ordre d’emmener les femmes et les enfants. Après avoir été rassemblés à la mairie de Villelaure, les enfants avec leurs mères furent emmenés à Pertuis où un bus les attendait pour les conduire au camp de Milles. Le même jour, Erich Meyer, 18 ans a été arrêté chez lui à la Tour d’Aigues, il rejoint les autres familles au camp des Milles où il retrouve son père. Tous sont transportés à Drancy pour ensuite être déportés dans les convois 29 et 30, partis le 7 et 9 septembre 1942 avec comme destination Auschwitz. Un seul est revenu : Monsieur Ajgengold. Tous les autres ont été assassinés au Camp de la Mort parce qu’ils étaient juifs.

 

SESSA Bastien

PESCE Bastien 1°S2

CHIADO Thomas 

 

 
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