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Lion Feuchtwanger, un écrivain au camp des Milles.

mercredi 20 janvier 2016, par BONNAUD Laura

Lion Feuchtwanger, un écrivain au camp des Milles.

 

 

 Écrivain allemand (1884-1958) connu pour ses romans historiques et son opposition aux nazis, Lion Feuchtwanger est né en 1884 à Munich, il est issu d’une famille de la bourgeoisie juive.Il a étudié la littérature allemande et la philosophie à l’université de Munich. Il s’est également intéressé aux cultures grecque et indienne. En 1908, Il fonde le magazine culturel Der Spiegel. Il débute comme critique de théâtre, puis comme dramaturge et metteur en scène.
En 1912 Il épouse Marta Löffler. En 1914, Feuchtwanger est surpris à Tunis par la déclaration de guerre mondiale. Il est fait prisonnier, mais réussit à s’échapper et rejoint Munich. En 1933, il est célèbre dans le monde entier grâce à son roman "Le Juif Süss" qui décrit l’antisémitisme dans l’Allemagne.

 

Il quitte l’Allemagne dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir (1933) , pour fuir le nazisme. Ses livres y sont brûlés car ses œuvres sont considérées comme "anti-allemandes". Lui même est déchu de sa nationalité. Avec sa femme Martha, il s’installe à Sanary-sur-Mer où il devient une des personnalités des plus importantes du cercle des exilés allemands et autrichiens.

 

En septembre 1939 il est interné, de son plein gré, au camp des Milles, par les autorités françaises durant la Première période du camp. Il évoque les humiliations que la France a fait subir à ces Allemands et ces Autrichiens antinazis qui avaient, en 1933, choisi la France comme pays comme terre d’asile. Pendant ce temps, Martha, sa femme, est internée à Gurs d’où elle s’évade et tente, avec succès, de libérer son mari.

 

 En 1940 il écrit son unique récit autobiographique, Le Diable en France qui retrace son internement dans le camp des Milles en 1940. Voici 2 extraits :

 « Je ne crois pas que notre malheur soit dû à de mauvaises intentions de leur part, je ne crois pas que le diable auquel nous avons eu à faire en France en 1940 ait été un diable particulièrement pervers qui aurait pris un plaisir sadique à nous persécuter. Je crois plutôt que c’était le diable de la négligence, de l’inadvertance, du manque de générosité, du conformisme, de l’esprit de routine, c’est-à-dire ce diable que les Français appellent le je-m’en-foutisme. »

« Demain, il y aura du vin, et nous ne serons plus rien, et demain, il y aura des belles filles, et nous ne serons plus en vie. »

Libéré puis de nouveau interné en mai 1940. Il quitte ce camp lors de l’épisode du train fantôme, wagon destiné à la déportation des victimes du régime nazi. Transféré à Saint-Nicolas, camp à proximité de Nîmes où les autorités françaises improvisèrent un camp durant l’été 1940 afin d’accueillir des civils allemands et autrichiens, précédemment internés dans le Camp des Milles. Il parvient à s’enfuir grâce au consul américain (Miles standish) qui vient le chercher en voiture et le déguise en femme.

Il réside ensuite en Californie où il demande la nationalité américaine qui lui est refusée en raison des liens qu’il a pu avoir avec le courant communiste. Il meurt en 1958 à Los Angeles.

 
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