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Les Milles. La genèse d’un génocide, comprendre pour demain

mardi 19 janvier 2016, par DODIER Solene

 

Le camp des Milles

La genèse d’un génocide, comprendre pour demain

 

 Au Mémorial du Camp des Milles, la visite se fait en trois étapes. Tout d’abord, un volet historique expliquant les événements s’étant déroulés de 1939 à 1942 en Europe. Puis, un parcours mémoriel où les visiteurs découvrent les conditions de vie des détenus de l’époque. Enfin, une dernière partie réflexive permet aux visiteurs de comprendre les différents mécanismes d’un génocide. Nous nous proposons d’étudier plus en détails cette dernière section ; où trois génocides qui s’expliquent par les mêmes mécanismes sont analysés, le génocide Arménien en 1915, le génocide Juif durant la Seconde Guerre Mondiale et celui au Rwanda en 1994.

Pour les comprendre, nous nous demanderons quelles sont les différentes étapes d’un génocide. 

 

 

 

Dans la société, il existe des tensions permanentes alimentées par les différences et les frustrations sociales : préjugés, racisme, peur de l’autre, antisémitisme, stéréotypes… C’est ce contexte qui nourrit les étapes menant à un génocide. Par exemple, dans le régime nazi, ce terreau est basé sur l’antisémitisme.

En temps de crise, ces tensions ne sont plus régulées et peuvent dégénérer gravement. En effet, des crises économiques, sociales et morales peuvent entrainer une perte de repère, une peur de l’avenir, des crispations identitaires et de l’agressivité envers un groupe bouc-émissaire. Des groupes extrémistes se forment et exacerbent les tensions du terreau. Ils entrainent chez la population un emballement raciste, des insultes, des menaces ainsi que des accusations de complot. Ainsi, lors de la Première Guerre Mondiale, les arméniens sont accusés d’êtres des révolutionnaires et de comploter avec l’ennemi (russes), toutes ces accusations restant des prétextes pour exterminer cette minorité chrétienne dans l’empire ottoman.

À l’aide de la manipulation du langage et du détournement du discours, le mensonge agressif s’impose, la victime est présentée comme l’agresseur.

       

 

 

Bientôt, ce qui paraissait autrefois inconcevable est accepté dans l’esprit de la population : l’appel à l’exclusion, à la purification ethnique, atteintes aux biens, à la dignité et agressions physiques. Le vivre ensemble se fracture.

Par sa passivité, la majorité se rend complice.

 

La deuxième étape pour arriver au génocide est le passage de la démocratie au régime totalitaire.

La perte des repères devient générale, les institutions sont attaquées et ébranlées. La violence devient incontrôlable, les crises hors de contrôle. Désordre et agressions s’installent, on s’habitue à la violence et la peur s’établit. Pour exemple, l’incendie du Reichstag en Allemagne précède la prise totale du pouvoir par Hitler.

La préférence de l’ordre à la liberté entraine la majorité à suivre la doctrine fanatique d’un chef charismatique : le confort de la meute l’emporte sur la liberté individuelle.

Le pouvoir autoritaire arrive ou par la force ou par les urnes (Hitler, nommé chancelier le 30.01.1933).

Ayant supprimé la démocratie, le régime totalitaire contrôle rapidement toute la société : les opposants sont éliminés, la force publique est endoctrinée et les médias manipulés (propagande). Le temps de l’Etat de droit est résolu… La liberté d’expression est muselée et la légalité est mise au service du crime. En Allemagne, les lois de Nuremberg légalisent la ségrégation des Juifs.

 

Ce processus enclenché, les menaces et les persécutions sont étendues sur toute la population. Avec la légalisation de l’exclusion et la déshumanisation de groupes, on impose des discriminations. Le régime de terreur se met en place et on observe une insécurité générale, la disparition d’opposants, des internements arbitraires et des surveillances importantes. La population doit accepter ou se voire imposer le conformisme de ce régime. Les milices deviennent toutes-puissantes et les persécutions s’étendent bien au-delà des premières victimes : démocrates, syndicalistes, artistes non conformistes, intellectuels, francs-maçons, homosexuels, handicapés et marginaux. C’est-à-dire toutes les personnes différentes, anormales par rapport aux critères de la nouvelle société ; ou représentant une menace potentielle pour l’Etat.

 

 A chacune de ces étapes, la responsabilité de tous est engagée. La population doit choisir entre devenir criminelle, complice, passive ou résistante. Il est plus facile de résister aux réflexions malsaines ou racistes et aux stéréotypes en refusant d’y prendre part qu’à l’autorité d’un régime totalitaire et à la terreur. De plus, le groupe de victimes accroit avec l’évolution du génocide ; tout le monde peut être touché. Il est de notre responsabilité de lutter contre l’engrenage fatal qui pourrait entrainer la perte de notre humanité.

 

 

BAUDRY Séléna, DODIER Solène et SCHOLEFIELD Léa – 1èreS2

 

 
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