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La mort de ROGER BERNARD, un resistant pertuisien

jeudi 14 janvier 2016, par PUPET Hugo

La mort de ROGER BERNARD, un résistant pertuisien

Ce jeune imprimeur né à Pertuis en 1921, était entré dans la Résistance dans le maquis du « Capitaine Alexandre » nom de résistance de René Char, qui était responsable de la S.A.P (section atterrissage parachutage) dans les Basses-Alpes (ancien nom des Alpes de Haute-Provence).

Roger Bernard était entré dans la Résistance comme de nombreux autres « réfractaires » : les jeunes qui ne voulaient pas aller au S.T.O, le service du travail obligatoire.

S.T.O (Service du travail obligatoire) : institué en 1943 par le régime de Vichy, il mobilise les hommes entre 20 et 23 ans pour travailler dans les entreprises allemandes.

Roger Bernard s’était d’abord caché quelques temps prés de Céreste, au Criquet, une ferme de l’écrivain Jean Giono, qui connaissait son père, imprimeur à Pertuis. Le 22 juin 1944, il est envoyé en mission à Céreste avec un message pour René Char. C’est ce jour là qu’il est arrêté par les allemands. Il a le temps d’avaler le message dont il est porteur.

Mais il a sur lui un colt, un pistolet américain, qui le désigne clairement comme résistant.

Interrogé, il ne répond à aucune question. Les allemands font semblant de le laisser partir et le fusillent dans le dos sur une petite route prés de la gare de Viens.

Il avait 23 ans ; il avait eu un petit garçon, Alain, né 2 mois plus tôt à Pertuis. Roger n’a donc presque pas connu son fils.

La mort de Roger Bernard le 22 juin 1944 est évoquée dans deux poèmes de René Char dans son recueil « Feuillets d’Hypnos » : 138 et 146.

Poème 138 :

Horrible journée ! J’ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l’exécution de B’. Je n’avais qu’à presser la détente du fusil-mitrailleur et il pouvait être sauvé ! Nous étions sur les hauteurs dominant Céreste, des armes à faire craquer les buissons et au moins égaux en nombre aux SS. Eux ignorant que nous étions là. Aux yeux qui imploraient partout autour de moi le signal d’ouvrir le feu, j’ai répondu non de la tête... Le soleil de juin glissait un froid polaire dans mes os.

Il est tombé comme s’il ne distinguait pas ses bourreaux et si léger, il m’a semblé, que le moindre souffle de vent eût dû le soulever de terre.

Je n’ai pas donné le signal parce que ce village devrait être épargné à tout prix. Qu’est-ce qu’un village ? Un village pareil à un autre ? Peut-être l’a-t-il su, lui, à cet ultime instant ?

Poème 146 :

Roger était tout heureux d’être devenu dans l’estime de sa jeune femme le mari-qui-cachait-dieu.

Je suis passé aujourd’hui au bord du champ de tournesols dont la vue l’inspirait. La sécheresse courbait la tête des admirables, des insipides fleurs. C’est à quelques pas de là que son sang a coulé, au pied d’un vieux mûrier, sourd de toute l’épaisseur de son écorce.

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Hugo Pupet. 1°S2

 
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