Val de Durance
Lycée
Pertuis
 

Ecriture d’une nouvelle : Comment Paul fut sauvé

lundi 21 avril 2008

Comment Paul fut sauvé

Paul, vieux cinéaste et Jean son assistant erraient dans les rues de Paris à la recherche d’inspiration pour la réalisation d’un nouveau film. Ils marchaient lentement car Paul prenait le temps d’observer les passants toute la journée et la nuit , il aimait contempler les lumières de la ville à la fois belles et inquiétantes.
Paul était une personne posée et sage. Jean, quant à lui, était réservé et timide. Ils logeaient tous les deux dans un appartement de l’immeuble des parents de Jean donnant sur la Seine et vivaient difficilement des films du cinéaste. Jean n’était pas né pour courir les rues aux côtés d’un vieil homme qui s’emparait de l’éveil parisien et absorbait le sommeil de la ville. Son père était bijoutier, sa mère était fille unique héritière d’une grande fortune familiale. Tout comme cette dernière, il avait grandi sans frère ni sœur dans un riche immeuble à Paris avec ses parents. Jean avait vécu une enfance aussi froide que le marbre, enfermée dans un monde très différent de la réalité. C’est pourquoi il était craintif face à tout ce qui l’entourait.
A l’âge de vingt ans, il rencontra Tara au cours d’un dîner organisé par son père. Ils devinrent amoureux et se marièrent sept mois plus tard. Sa femme était belle, douce, attentionnée et avait réussi à le rendre plus confiant. Jean l’aimait d’un amour profond chaque jour plus fort.
Issue d’une famille aisée, Jean menait une vie mondaine, s’intéressait à l’art, se tenait au courant des dernières modes et particulièrement au progrès du cinématographe. Un soir, comme à son habitude, Jean se rendit à l’avant-première d’un film et obtint de s’asseoir à côté du réalisateur. Passionné par le spectacle qu’il venait de voir, il engagea la conversation avec Paul, le réalisateur. Ils firent connaissance puis se lièrent d’amitié.
Grâce à Paul, Jean eut la chance de découvrir l’ambiance des salles de cinéma, l’envers du décor, les tournages, l’ambiance avec les comédiens, les techniciens et surtout le fonctionnement d’une caméra, le principal matériel pour filmer les scènes.
Paul avait peu de moyens financiers, Jean lui proposa donc de le loger dans les anciennes chambres de bonnes de l’immeuble parisien de ses parents. Celui -ci accepta sans hésitation et son hôte devint son assistant.
Un jour, alors qu’ils rentraient d’un tournage, ils découvrirent Tara suicidée sur son lit car plus les mois passaient plus l’esprit de Jean n’était rempli que d’images, de rêves et de cinéma, il ne se préoccupait plus de sa femme, devenue secondaire et même inutile à sa vie. La réaction de Paul fut de saisir sa caméra pour filmer la tragédie car le visage livide de la moribonde le captivait. Jean, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, ne pleurait pas, n’était pas triste, sans remord et le laissa faire sans réagir. La scène aux travers des yeux de Paul et grâce au film rendrait son épouse à jamais présente. Peu de temps après, Paul s’installa dans l’appartement de Jean puis, pour financer les films, progressivement Jean vendit tout ce qui lui appartenait, des objets précieux auxquels sa femme tenait, des meubles, de l’argenterie, des livres, gardant juste le nécessaire pour survivre. Face au comportement de Paul et de Jean, les parents de ce dernier l’obligèrent à quitter l’immeuble craignant pour leurs propres biens. Ils lui donnèrent cependant une grosse somme d’argent espérant l’aider à faire sa place professionnelle par ses propres moyens.
Jean et Paul profitèrent de cette occasion pour partir plusieurs années, faire le tour des grandes villes de France, pour réaliser des films et c’est alors qu’ils trouvèrent le succès. Un été, en tournée pour un film dans la station balnéaire des Sables d’Olonne en Vendée, Jean déjà fatigué depuis un certain temps, se trouva dans un état de santé alarmant. Après plusieurs analyses, il s’avéra que Jean était condamné à mourir d’un cancer. Ils arrêtèrent leurs activités et Paul resta près de lui jusqu’à la fin. Ne pouvant se résoudre à sa mort, Paul décida de faire une reconstitution de la vie de son meilleur ami pour l’honorer et le remercier.
Il lui fallut deux longues années de travail pour que chaque détail soit respecté. Il ne pouvait l’oublier, ses souvenirs et le film le rendait toujours aussi présent dans son esprit. Depuis leur rencontre, ils avaient uni leurs idées pour créer les plus beaux films. Ils se complétaient par leur âge et leurs parcours. Ils étaient différents mais leur passion commune du cinéma les avait rassemblés. Paul avait du mal à accepter que le jeune périsse et le vieux vive encore. Le destin en avait pourtant décidé ainsi. Le film en la mémoire de Jean intitulé « Un jour, un ami » était enfin fini et Paul passait ses soirées à le regarder avant sa sortie en salle. Il en oubliait de manger, de dormir, de vivre et il ne s’inquiétait même pas de savoir si son film allait être ou pas une réussite. Pour Paul l’essentiel était de faire revivre un peu son ami. Un soir, absorbé par la projection de son œuvre, il ne s’aperçut pas qu’un feu se déclarait dans un coin de la petite salle, produit par un cour circuit électrique certainement, le feu se propageait rapidement et bloquait la sortie. Il se leva et tourna sur lui-même en souhaitant voir apparaître un passage pour quitter la pièce. Il était pris au piège, aucune issue possible. Il commençait à faire chaud, très chaud, la fumée lui piquait les yeux, l’air qui rentrait dans sa bouche lui brûlait sa gorge et des larmes commencèrent à rouler sur ses joues devenues rouges. Il avait peur parce qu’il savait maintenant qu’il n’avait plus aucune chance et en même temps il était également heureux parce qu’il allait peut être rejoindre Jean au paradis.
Il remarqua que les flammes n’avaient pas encore atteint la toile blanche où le film continuait à se projeter. Soudain, une lumière blanche en jaillit et Paul vit une silhouette noire marcher dans sa direction. Paul immobile cherchait du regard pour mieux voir au travers la fumée, il vit une main pâle se tendre vers lui, il la serra et, comme dans ses rêves, il retrouva Jean tel qu’il était la dernière fois que Paul l’avait vu, malade, blanc, froid et jeune. Il lui souriait sans lui dire un mot.
Jean l’emmena loin des flammes en direction de la lumière blanche. Paul était sauvé de l’enfer qu’il aurait dûconnaître, son ami était revenu pour le sauver. Les deux amis étaient de nouveau ensemble, partis, quelque part très loin du monde, pour un autre voyage… Claire Moureau - Charlotte Nicot - Hugo Delatte - Robin Cassagneau (Seconde 6)

 
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