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TL 1 Retour d’Auschwitz par Paula

vendredi 1er mars 2013, par RENZEL Paula

Nous avons « marché sur les cendres de ces millions de déportés » et, alors que nous étions dans le plus grand cimetière du Monde, malgré l’absence de tombes ou plutôt justement pour cette raison, la journée a été pour moi extrêmement bouleversante. Je m’étais promis de préserver mon sang froid et ma neutralité, mais la puissance dégagée par ces lieux au passé indescriptible ne peut laisser quelqu’un indifférent.

Malgré la visée « mémorielle » de notre voyage à Auschwitz, je me suis sentie comme une voyeuse avec mon appareil photo et mes regards interrogateurs, curieux. Ce qui m’a d’autant plus touchée, c’est que je comprenais les inscriptions de ces meurtriers telles que « Brausen » ou « Haarschneideraum ». Me dire que c’est dans ma langue maternelle que les déportés ont été forcés d’apprendre par cœur leur matricule, c’est une sensation plutôt étrange. Et même si j’en été consciente auparavant, ce n’est qu’en étant confrontée à la réalité que je me suis rendue compte de ce que cela signifiait et provoquait en moi. Quand on est confronté à cette part de l’Histoire, il devient presque un fardeau d’être né « allemand », comme c’est mon cas (mes parents sont allemands et je suis née en Allemagne).

Je suis très reconnaissance à Benjamin Orenstein de nous avoir accompagnés lors de la première partie de la visite à Birkenau. Il nous a ainsi permis de devenir véritablement des « témoins des témoins », au-delà du statut de simple visiteur. La minute de silence a été, je trouve, d’une intensité extraordinaire, particulièrement suite aux différentes prises de parole et à la lecture de Clara.

La seconde partie de la journée à Auschwitz 1 m’a en quelque sorte semblée inaccessible. Je me suis rendue compte à quel point il est difficile, voire impossible, d’associer les témoignages aux preuves concrètes qui nous ont été présentées. De voir toutes ces évidences accumulées m’a confirmé l’idée que, même si l’on travaille sur le sujet depuis un certain temps, il est impossible de « s’habituer » à ces atrocités et que, passer outre, serait d’ailleurs la pire des infamies.

La boule qui s’est progressivement formée dans mon ventre à mesure que la visite se prolongeait, m’a fait me promettre qu’à l’avenir je remplirai mon travail de mémoire que j’estime être un devoir et que je transmettrai ce que j’ai pu voir et apprendre tout au long de la journée.

Renzel Paula. TL1

 
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