Val de Durance
Lycée
Pertuis
 

TL1. Après avoir réalisé que ce n’était plus un simple cours

jeudi 14 février 2013, par SMETS-ASTIER Lisa

Retour d’Auschwitz. 30 janvier 2013.

Comment écrire ce que l’on ressent après une journée où l’on réalise que l’être humain peut être traité, exploité et humilié pire que n’importe quel animal ? 

Comment expliquer ce que l’on ressent quand à force de voir toutes ces photos, ces visages, ces noms, ces chiffres...nos yeux se brouillent, notre tête explose, et notre âme, notre esprit, ne demande qu’à se fermer, se recueillir pour réaliser ce qui est en train de se passer ?

Réaliser, comprendre...non en fait, pas comprendre, parce qu’il n’est pas possible de comprendre comment un homme peut avoir l’envie de détruire d’autres hommes seulement pour leur différences, pas possible de comprendre que la mort, l’assassinat de plusieurs millions de personnes devienne une industrie avec un but économique.

Comment expliquer que d’avoir marché sur leurs pas, sur leurs cendres, pendant toute une journée fait que l’on repart avec chacun de leurs destins en nous, qu’on aimerait en retenir une personne en particulier, plus qu’une autre, l’emporter avec nous, mais qu’il nous est impossible de faire ça...Ils sont tous là.

Alors en moi se développe ce sentiment de rage, de dégoût, et de tristesse...mais comment ?

Et malgré tout, savoir : savoir que le racisme est partout, que tout peut recommencer.

C’est une journée de souffrance et de recueillement, mais aussi une journée où on se rend compte, où on réalise jusqu’où la haine peut amener : des flash ; cheveux, chaussures, valises, photos...je ramène leur mémoire en moi, aujourd’hui et ce jusqu’à ma mort.

En fait j’ai du mal à mettre à l’écrit mon ressenti parce que je ne veux pas parler de toutes ces personnes seulement comme des "victimes de la SHOAH", j’aimerais rendre hommage à chacune de leurs mémoires. 
Et pourtant au plus j’écris, au plus je comprends...parce que la vérité c’est ça, la vérité c’est qu’ils ont été 6 millions de victimes et qu’aujourd’hui on a été face aux réalités les plus cruelles de leur exécution. 
J’ai du mal à écrire parce qu’on au fond de moi j’ai du mal accepter qu’il m’est impossible de leur rendre hommage à chacun et de manière individuelle, j’aimerais transmettre chacune de leur histoire ... Et pourtant c’est comme ça : Ils forment un tout.

Lisa Smets-Astier. TL1. 30 janvier 2013.

 
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