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TL1 Y a-t-il une vertu de l’oubli ?

mardi 5 mars 2013, par BLANC Marine

Y a-t-il une vertu de l’oubli ?

(Réponse sous forme d’explication d’un texte de Nietzsche)

L’incapacité d’oublier est pour Nietzsche un des symptômes de la décadence de l’être humain.

L’oubli peut être considéré comme un acte positif de la pensée. En effet, il semble être bénéfique dans l’évolution et dans l’avancée de l’homme dans sa propre existence. Et pourtant, l’oubli a aussi un aspect négatif puisque cet acte engendre la non connaissance de son propre passé. La mémoire est garante de l’identité humaine à travers le temps. La mémoire nous fige et nous arrête, la vie, elle, continue.

Nous pouvons ainsi nous demander s’il existe une vertu de l’oubli.

Dès la première phrase de l’extrait de Considérations inactuelles de Nietzsche, celui-ci se demande si l’oubli n’est pas une valeur nécessaire au bonheur et à l’épanouissement de l’être humain. En effet, « trop d’histoire tue l’homme » dit il. Il définit l’oubli tel que « la faculté de sentir les choses en dehors de toute perspective historique », c’est-à-dire, la capacité de voir les choses uniquement dans leur immédiate présence sans se les représenter dans la perspective du temps. Mais cela ne signifie pas qu’il faut renier en bloc le passé puisqu’il y a pour tous un besoin d’histoire même minime, plutôt que « l’Ubris » mémoriel nuit à l’homme et donc à son évolution. L’homme a besoin du passé mais pour le dépasser, pour le digérer, pour construire un présent dans sa nouveauté et se projeter vers l’avenir, non pour en rester dépendant. Un homme qui en resterait dépendant ne pourrait vivre sans oublier un instant le passé ne saurait vivre dans le présent, pour soi même. Il serait submerger par le poids de l’histoire et en serait ainsi incapable de créer sa propre histoire. Freud a également montré que l’hystérie tenait au fonctionnement psychologique d’un esprit qui n’arrive pas à oublier. Il ne faut pas oublier le passé, mais s’en libérer en le retrouvant car l’homme ne vit pas au présent un pied dans le passé un pied dans l’avenir. L’être humain est mémoire et projet. Pour Nietzsche il existe une maladie historique qui provoque une saturation dans laquelle l’homme reste accroché au passé en le ruminant sans cesse. Il compare même le passé comme un spectre qui dérange la quiétude du présent. Nietzsche oppose de cette façon deux métaphores, l’une qui est l’image de l’homme du présent « debout et victorieux », sans crainte, qui affirme sa propre existence et l’autre qui se laisse submerger par le fleuve historique (le torrent). L’oubli est alors essentiel à celui qui veut vivre pleinement sa vie dans l’instant présent, « au seuil de l’instant » sans se placer dans la perspective du temps. Les différentes sociétés ont besoin de se délivrer de leur passé. Le rôle de la mémoire devrait permettre à ces sociétés de se tourner vers l’avenir en conservant le passé.

Caroline Gonzalez, Léa Gisbert et Marine Blanc

 
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