Val de Durance
Lycée
Pertuis
 

Un mercredi pas comme les autres...

mardi 21 février 2012, par Sandy Rolland (Documentaliste)

 Un mercredi pas comme les autres…emmitouflée dans mes écharpes qui me rappellent mon lit douillé trop hâtivement quitté, je ressent une excitation ambiante devant le lycée, mes amies rigolent et m’attrapent par la main me menant vers un bus dans lequel tout le monde se presse : Nous allons au forum du Prix Littéraire 2012, mettre des visages sur les lectures des douze ouvrages qui nous amènent loin d’André Gide et Emile Zola depuis le début de l’année et que nous avons la dure tâche de juger. 
Après trois quarts d’heure de bus, appuyés contre la vitre, les yeux rivés sur les jardins de Cavaillon, je profite de ces coups d’œil qui me procurent la sensation de piquer un peu de l’univers de chacun …nous arrivons. 
A la suite d’une brise d’air froid allié à quelques cigarettes qui se consument, une odeur douce enivre nos narines… Nos badges solidement accrochés nous arrivons devant des croissants chauds, une ambiance conviviale s’installe alors doucement, assis tous ensemble nous sommes fier d’être là : la première L1.
Après une dernière gorgée de chocolat chaud rapidement avalée, je me retrouve sur un fauteuil rouge, mon image projetée sur la scène… Nous sommes filmés. Alors tout d’un coup s’installe une sorte de stress, le côté caméra, badge et micro donne un ton très solennel à cette rencontre, tout le monde se recoiffe et racle sa gorge… Nous sommes pris. 
Chemine alors jusqu’à nos oreilles la voix d’un présentateur qui ne se sent pas trop à sa place, un peu stressé peut-être par son rôle d’entremetteur entre élèves et auteurs. Après qu’il est effectué comme il peut, une courte biographie de chacun, les visages apparaissent enfin. Chacun s’assoit à la place qui lui à été attribué, jambes croisées ou étalées… la conférence peut commencer. Seule peut-être, Katerine Mosby qui attire mon attention, une seule affiche, un seul nom, et pourtant deux femmes, mais je comprends très vite : l’auteur de Sanctuaire Ardent à besoin d’une traductrice. Ma curiosité enfin assouvie, je porte mon attention sur la présentation de chacun des lycées présents aujourd’hui. Puis vient notre tour : Pertuis. Après quelques applaudissements, nos trois représentants commencent une présentation qui se distingue des autres, par les nombreux projets que nous allions à ce prix littéraire. Les gens sont impressionnés, je crois qu’ils ont bien réussi ! 
Les présentations arrivent à leurs fins, tout le monde se rassoit comme il faut dans son fauteuil, un bruit de feuilles et de stylos parsèment la salle. 
Et timidement, les questions commencent. Chacun sa vision, chacun sa préférence, il y a un beau côté à cette conférence, qui me fait sourire : Nous sommes presque la seule classe de littéraire, les autres classes n’ont rien à voir, il y a des sections d’apprentissage, de secrétaires, de comptables et de plombiers… je trouve ça beau de voir que le lycée des calanques s’est intéressé à ce forum, qu’ils sont venu de Marseille pour faire vivre ce prix littéraire, beau de voir que les gens lisent encore pour le plaisir et que nous ne sommes pas la seule filière à avoir le privilège de ce genre de journée.
Puis, j’arrête de sourire : j’ai une question, une question pour cet auteur, celui qui m’intrigue et qui me plaît depuis le début, je ne parle pas de Volibor Colic, ce personnage haut en couleur qui malgré son passé émouvant, trouve le moyen de faire de l’humour en parlant de l’ex Yougoslavie, du communisme et de son enfance partie en fumée car ses souvenirs ont était bombardés…non je parle de Aurélien Ducoudray, beaucoup plus discret : le scénariste de Championzé. Depuis le début je le regarde, peut-être parce qu’il me ressemble avec sa façon de désapprouvé la manière qu’il a, de répondre aux questions, et de se juger lui-même, en s’empressant de faire passer le micro a son dessinateur, Eddy. Ou alors parce qu’il a un physique imposant et robuste qui disparait dans un sourire. Pour moi, il est le plus intéressant, le plus réaliste aussi, le fait qu’il dise : « si je fais de la bande dessiné c’est parce que je ne suis pas d’envergure à écrire un roman », j’ai aimé qu’il l’avoue, personne n’a vraiment tendance à se montrer moins fort que se qu’il parait.
Alors ca y est c’est fini, tout le monde, se lève et cherche une dernière fois son image sur la scène, j’ai remis mes écharpes, j’aimerais aller parler a Aurélien, mais j’ai peur qu’il ne soit pas comme je l’es imaginé : simple et modeste, alors je laisse, parfois, il vaut mieux rester sur un souvenir. 
Je retrouve ma place, et la vitre froide du bus, mais cette fois pas de coups d’œil : j’ai trop de choses à raconter.
Lisa Smets-Astier 
 
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