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Elsa Triolet « Yvette »

jeudi 26 mai 2011, par MEISSONNIER Eloïse

"Yvette"
Dans son livre "Quatre récits de l’occupation", la dernière histoire « Yvette » fait référence au couvre-feu. Les gens ne pouvaient pas sortir après une certaine heure le soir, les maisons devaient être fermées, les volets aussi sinon les Allemands pouvaient tirer sur les fenêtres : « papa n’était pas raisonnable, qu’il oubliait toujours de tirer les rideaux dans son bureau et qu’un jour les boches tireraient dans la fenêtre et que ce serait bien fait pour lui. » Les Allemands sont omniprésents : « des soldats allemands tenaient toute la rue, trottoirs et chaussée il y en avait une quantité extraordinaire, dans les cafés, les magasins, devant les vitrines ». Les gens subissaient la répression avec la Gestapo, personne n’était à l’abri d’une éventuelle arrestation à n’importe quel moment de la journée : « …voila dix jours, la Gestapo est venue chercher monsieur et madame Vallon, et ils ont emmené Yvette aussi, oui ils sont venus à leur domicile, la nuit… ». Elle nous dit aussi que les jeunes Français devaient partir pour l’Allemagne lorsqu’ils recevaient une feuille : « j’ai reçu ma feuille pour l’Allemagne dit Dédé », elle évoque ici le STO. Ensuite elle parle aussi du maquis que le jeune Dédé va rejoindre pour fuir le fameux STO : « mais le maquis n’est pas fait pour des dames malades. » et aussi du marché noir, « si, au marché noir, on trouve… ».
 
Résumé :
L’histoire d’Yvette part d’une histoire vraie vécu par Elsa Triolet en 1943. Elsa Triolet s’est inspirée de l’histoire d’une famille, elle connaissait le père, la mère et la fille qui se sont fait arrêtés par la Gestapo. A partir de ceci, Elsa Triolet a imaginé « Yvette ». Celle-ci est décrite comme belle et douce, d’âpres ses parents Yvette est la « perfection ». La jeune fille et ses parents vivent heureux jusqu’au jour où la Gestapo arrive et les emmène au motif d’avoir un poste émetteur, d’être juifs et d’avoir reçu des parachutistes dans leur jardin. Il s’agit sans doute d’une dénonciation des voisins. La fille Yvette et sa mère sont relâchées. La jeune fille a changé, amaigrie et les yeux cernés. Elle minimise tout le temps ce qui lui est arrivé. Afin de pouvoir sauver son père toujours en prison, Yvette va faire tout ce que lui demande un officier allemand. Yvette devient une femme brisée sans esprit de révolte. Son ami d’enfance Dédé est totalement révolté et va partir pour le maquis. A son retour il retrouve une Yvette qui a complètement raté sa vie et qui n’est pas consciente de ce qui lui est arrivé. Il ne comprend pas que son amie ne se révolte pas face à sa situation.
But de la nouvelle :
Dans cette nouvelle Elsa Triolet dénonce beaucoup de choses. Tout d’abord elle dénonce la dureté, la souffrance, l’injustice de la deuxième guerre mondiale, pendant l’occupation allemande, avec la séparation des familles : « madame Vallon et Yvette étaient relâchées, ils n’avaient gardé que le père… Il parait qu’on l’a torturé, qu’on n’a pas cessé de le torturer… ». La mère d’Yvette souffre énormément de cette séparation.
 L’injustice se manifeste par la dénonciation de la famille d’Yvette par les voisins, « on dit qu’on les accuse d’avoir chez eux un poste émetteur, on dit qu’ils sont juifs, non, cette idée, on dit que la petite recevait des parachutistes dans le jardin, on dit qu’elle venait les ravitailler au magasin… ». C’est a cause du voisinage que la famille a été arrêtée.
Elsa Triolet dénonce aussi les conditions de détention des détenus lorsque ceci étaient arrêtés par la Gestapo, notamment la maltraitance : « on dit que Madame Vallon et sa fille ont été terriblement battues… fessées », « mais il demande à corps et à cri des affaires chaudes et à manger… ».
Mais le but premier de cette histoire est de dénoncer l’attitude passive de quelques personnes ; cette guerre, et ces personnes sont représentées par le personnage d’Yvette. Quoi qu’il arrive à Yvette, celle-ci ne se révolte jamais : « bafouée, humiliée, trainée dans la boue… Elle n’avait en effet pas de chance ! C’était tout ce qu’elle trouvait à dire ! »
 
Baoudene Naima
Ligny Claire
 Meissonnier Eloise
 
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